« Reste avec nous ! » de Henri Guillemin

Spectacle méditatif pour le temps de la Passion

 

Elias raconte… Marchand installé à Jérusalem dans les années 30, il est ami avec Gesmas, opposant acharné à l’occupation romaine et aux nombreux collabos qui magouillent avec l’occupant.

Lors d’un esclandre au Temple, Elias est témoin de l’arrestation de son ami. L’esclandre en question a été provoqué par un agitateur hors-norme : à la fois prophète, guérisseur, enseignant, et qui plus est Galiléen.

Condamné à mort pour ses forfaits, Gesmas sera crucifié en compagnie de deux autres malheureux, dont ce fameux Galiléen.

Elias les accompagne jusqu’au bout, et sera témoin de tout ce qui les fera aboutir à cette fin tragique.

Même si son ami Gesmas semble trouver un bonheur inespéré juste avant de mourir, Elias restera profondément marqué par ces évènements.

D’autant plus que quelques jours plus tard, il sera témoin d’une autre scène étonnante, dans une auberge de campagne.

 

« Reste avec nous ! » a été écrit en 1944 par Henri Guillemin, alors que la France était sous occupation allemande. Les romains du récit de Guillemin font évidemment penser aux nazis, les magouilleurs aux collaborateurs, Gesmas et ses amis aux résistants et les chefs du peuple aux autorités sous la botte de l’occupant.

Mais au-delà de ces ressemblances, marquées par le contexte historique de sa rédaction, le texte d’Henri Guillemin reste étonnamment actuel.

Il nous entraîne petit à petit à la suite des protagonistes de la passion du Christ au fil d’une narration haletante. Le témoignage d’Elias nous rend en effet spectateurs de plus en plus concernés par chacun des épisodes qui aboutissent à la fin tragique des crucifixions sur le Mont Golgotha.

 

Proposé par un trio formé de Christian Vez (narration), Christianne Cornu Cavin (piano) et Florence de Saussure (alto et violon), le spectacle « Reste avec nous ! » entremêle les paroles d’Elias et des musiques qui résonnent en écho au drame qui se joue sous nos yeux. Dans une mise en espace sobre, le drame monte ainsi en intensité jusqu’au dénouement final.

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