1200 flyer Etty Hillesum

Etty Hillesum – De nuit comme de jour

8 mars: Goumoëns 

3 avril: Cossonay
et Bercher

 

Spectacle itinérant et méditatif avec une troupe de Lausanne : choix des textes et mise en scène : Christan Vez. Etty Hillesum : Anouk Juriens. Narrateur : Mathias Rouge. Musique : Violaine Contreras de Haro, flûte traversière.

Etty Hillesum est née il y a 100 ans : le 15 janvier 1914 en Hollande.

Lorsque les premières déportations vers Auschwitz commencent, Etty se porte volontaire pour soutenir les déportés au camp de transit de Westerbork et partira ensuite avec sa famille juive à Auschwitz début septembre 1943 et y mourra a 29 ans. Ses cahiers et letres témoignent de son évolution spirituelle, où la prière joue un role essentiel. Ils bouleversent le lecteur par le courage et la sérénité de cete jeune femme, sans cesse capable de rebondir et d’écrire: « Et pourtant je trouve cette vie belle et riche de sens. A chaque instant. »

Nous suivons l’actrice qui joue le role d’Ety a travers 7 stations de sa vie :

Juillet 1941 : Je crois que je vais le faire : tous les matns avant de me metre au travail, me «tourner vers l’intérieur», rester une demi-heure a l’écoute de moi-même. « Rentrer en moi- même. » Je pourrais dire aussi : méditer.

Août 1941 : Il y a en moi un puits très profond. Et dans ce puits il y a Dieu. Parfois je parviens à l’atteindre. Mais plus souvent, des pierres et des gravats obstruent ce puits, et Dieu est enseveli.

Novembre 1941 : Mon Dieu prenez-moi par la main, je vous suivrai bravement, sans beaucoup de résistance. Je ne me déroberai à aucun des orages qui fondront sur moi dans cete vie.

31 décembre 1941 : C’est la dernière soirée d’une année qui s’est révélée pour moi la plus riche sans doute, mais aussi la plus heureuse de ma vie. Si je devais dire d’un mot ce qu’elle m’a apporté, (…) ce serait : une grande prise de conscience. Prise de conscience, et par la libératon des forces profondes qui étaient en moi.

Mai 1942 : On a parfois le plus grand mal à concevoir et à admettre, mon Dieu, tout ce que tes créatures terrestres s’infligent les unes aux autres en ces temps déchaînés. Mais je ne m’enferme pas pour autant dans ma chambre mon Dieu, je continue à tout regarder en face.

16 septembre 1942 : Je voudrais joindre les mains et dire : « Mes enfants je suis pleine de bonheur et de grattitude, je trouve la vie si belle et si riche de sens. » Mais oui, belle et riche de sens, au moment même où je me tiens au chevet de mon ami mort, et où je me prépare à être déportée d’un jour à l’autre vers des régions inconnues.

3 juillet 1943 : La vie que je mène ici n’entame guère mon capital d’énergie, (…) dans le noyau de son être, on devient de plus en plus fort. Je voudrais qu’il en soit de même pour vous et pour tous mes amis, il nous reste tant à vivre et tant à faire ensemble. C’est pourquoi je vous crie : tenez fermement vos positons intérieures une fois que vous les avez conquises, et surtout ne soyez pas tristes ou désespérés en pensant à moi, il n’y a vraiment pas de quoi…

Texte tiré de l’EREN